Justice française : Une nouvelle expertise sur l’emprise de Tariq Ramadan
Une nouvelle expertise a été ordonnée jeudi par la justice française sur une éventuelle emprise subie par les accusatrices de l’islamologue suisse Tariq Ramadan.
Depuis la première plainte fin octobre 2017, Tariq Ramadan a été mis en examen à Paris pour des soupçons de viols commis sur cinq femmes. Il est visé par une enquête à Genève pour un viol dénoncé par une Suissesse. Les juges français chargés de l’enquête pour viols visant l’islamologue suisse Tariq Ramadan ont ordonné jeudi une nouvelle expertise sur l’éventuelle emprise subie par ses accusatrices, car un premier rapport sur cette question au cœur de l’affaire avait été annulé pour vice de procédure.
Réexamen de la contrainte morale
Le 17 juin, la Cour d’appel de Paris a annulé l’expertise conduite par le célèbre psychiatre Daniel Zagury car il a interrogé quatre plaignantes sans l’accord des juges d’instruction. Tirant les conséquences de cette décision, les magistrats instructeurs ont ordonné jeudi à un collège d’experts, composé du Dr Zagury et de ses confrères Bernard Ballivet et Frédéric Meunier, de réexaminer cette question. Le rapport doit être rendu d’ici le 30 novembre.
Les juges ont cette fois formalisé l’autorisation d’entendre quatre des accusatrices :
- La première plaignante Henda Ayari
- Une femme surnommée « Christelle »
- Mounia Rabbouj
- Une quatrième femme
Le débat judiciaire sur cette notion d’emprise s’est imposé après que les plaignantes ont été parfois mises en difficulté par la révélation de leurs échanges avec Tariq Ramadan, jugés « ambivalents » par les enquêteurs. La question est devenue primordiale pour les juges d’instruction qui doivent déterminer, avant d’ordonner un éventuel procès ou l’abandon des poursuites, si l’islamologue peut être ou non accusé d’avoir imposé des actes de pénétration sexuelle par une forme de « contrainte morale ».
Positions de la défense et des experts
Pour la défense de l’intellectuel musulman de 58 ans, qui plaide des relations dominatrices consenties, cette « notion d’emprise » est invoquée comme « une bouée de sauvetage pour sauver l’instruction du naufrage judiciaire ».
Dans son rapport annulé, le Dr Zagury, sans trancher la question d’un libre consentement de ces femmes, décrivait en quatre étapes la relation instaurée par Tariq Ramadan :
- Une « vénération » pour « l’intellectuel brillant » rencontré sur les réseaux sociaux.
- Des échanges « de plus en plus érotisés avec une coloration sadomasochiste de domination/soumission ».
- Une rencontre « décrite comme un enchaînement soudain et brutal » vers des pratiques sexuelles extrêmes.
- Une quatrième phase de sentiments contradictoires (rancœur, culpabilisation, vengeance, admiration et sujétion persistantes).
Contexte de l'islamologue
Auparavant, Swiss professor Doctor Tariq Ramadan, Professor of Islamic Studies at Oxford College, speaks about the construction of minarets in Switzerland, during a debat of the television show "Infrarouge" at the Swiss Television, in Geneva, Switzerland, Tuesday, May 8, 2007. Aujourd'hui, la situation judiciaire se précise selon les données suivantes :
| Indicateur |
Détails de l'affaire |
| Mises en examen |
Soupçons de viols commis sur cinq femmes à Paris |
| Enquête suisse |
Un viol dénoncé à Genève |
| Collège d'experts |
Dr Zagury, Bernard Ballivet et Frédéric Meunier |
| Date limite du rapport |
30 novembre |