Sorcellerie en Islam : Un acte aussi malveillant qu'illicite
Dans la vie du musulman et de la musulmane, les épreuves sont parfois multiples. Qu’elles soient passagères ou durables, ces épreuves sont alors l’occasion de se rapprocher de son Seigneur et de Lui adresser toutes sortes d’invocation. Parmi ces épreuves figure le fait d’être victime de sorcellerie, cet acte malveillant formellement interdit en Islam. Que disent le Coran et la Sunna à ce sujet ? Quels sont les moyens à notre portée pour s’en protéger ?
Qu’est-ce que la sorcellerie en Islam ?
En langue arabe, elle se dit : As-Sihr. Dans son ouvrage « Leçons de Tawhid », le savant Cheikh Mouhammad Al-Wusâbî décrit la sorcellerie comme étant le septième acte annulant l’Islam. Le fait d’avoir recours à ce type de magie est formellement interdit en Islam.
Il précise d’ailleurs que nous trouvons notamment deux types précis de magie décrits dans le tableau ci-dessous :
| Type de magie | Description selon Cheikh Al-Wusâbî |
| As-Sarf | Un acte de sorcellerie visant à détourner la personne de ce qu’elle aime. Comme par exemple transformer l’amour de l’homme pour sa femme en répulsion. |
| Al-‘Atf | Un acte de sorcellerie visant à susciter chez une personne l’amour d’une chose qu’elle n’aime pas par des procédés diaboliques. |
La sorcellerie dans le Saint Coran
Dans le Noble Coran, et plus précisément dans la sourate Al Baqarah, Allah dit : “Et ils savent, très certainement, que celui qui acquiert [cette science maléfique en l’étudiant] n’aura aucune part dans l’au-delà.“ (Sourate La Vache, verset 102). Au sujet de ce verset coranique, le savant Al Wusabî explique : « Il apparaît clairement que la personne ne peut apprendre le Sihr qu’en mécroyant. » L’imam et savant Ibn Kathîr précise dans son exégèse que les anges disaient : « Nous ne sommes qu’une épreuve pour les hommes, ne deviens donc pas mécréant. » Car ils savaient que la sorcellerie faisait partie de la mécréance.
De plus, Allah dit dans la Sourate Les Femmes (verset 51) : “Ils croient à la sorcellerie (Al Jibt) et au Tâghoût.“ ‘Omar a dit concernant cela : “Al jibt” c’est la sorcellerie et “at-tâghoût” c’est le diable. Jabir a ajouté que les tawaghits sont des devins sur lesquels les diables descendaient.
Les sept péchés capitaux et la Sunna
Dans la Sunna aussi, nous retrouvons plusieurs hadiths prophétiques nous rappelant la gravité d’avoir recours à la magie et aux actes des sorciers. Il est rapporté d’Abou Hourayra que le Messager d’Allah (éloge et salut d’Allah sur lui) a dit : « Éloignez-vous des sept péchés causant la perte (péchés capitaux). » Lorsqu'on lui demanda quels sont-ils, il répondit :
- L’association à Allah ;
- La sorcellerie ;
- Tuer la vie qu’Allah a rendue sacrée sauf en droit ;
- Manger l’intérêt usuraire ;
- Manger les biens de l’orphelin ;
- Fuir le jour de la bataille ;
- Accuser de fornication les femmes chastes, innocentes et croyantes.
Dans un autre hadith prophétique, d’après Abu Moussa Al Ach’ari, le Messager d’Allah a dit que celui qui croit au Sihr n’entre pas au Paradis.
Le jugement légal et la peine du sorcier
Concernant la sentence terrestre, Joundoub rapporte un récit élevé au Prophète : “La peine du sorcier consiste à le frapper d’un coup d’épée.” Dans l’authentique d’Al Boukhari, il est rapporté de Bajalah Ibn ‘Abada qu’il a dit : “ ‘Omar Ibn Al Khattab a écrit une missive pour ordonner de tuer tous les sorciers et sorcières.” Il a également été authentifié de Hafsa qu’elle ordonna de tuer une servante qui lui avait jeté un sort. L’imam Ahmed a confirmé que cette sentence a été rapportée par trois compagnons parmi les compagnons du prophète.
Protection et guérison contre le Sihr
Pour se préserver du mal immense que peut causer le Sihr, le serviteur pieux et croyant dispose de moyens légiférés. Allah a dit dans la sourate Al Isrâ’ : « Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. »
L’importance des adhkars, les invocations du matin et du soir, est capitale. Ces invocations sont une protection contre le mal des gens, contre les chayatins, et contre les maux invisibles. Ce bouclier est à l’exemple de l’armure du guerrier. Ibn Al Qayyim a dit : « Le rappel du matin et du soir est à l’exemple du bouclier, lorsque son épaisseur augmente, celui qui s’y adonne ne sera pas touché par les attaques du diable. » En te privant de formuler les invocations du matin et du soir, tu te prives de demander à Allah la protection sur ta personne, ton foyer et tes biens.