La sécurité et les secours en haute montagne : interventions et coopération internationale
En montagne, malaises ou accidents peuvent vite arriver. Le terrain accidenté, la météo, des randonneurs peu préparés, les causes sont multiples. Car si le paysage est parfois à couper le souffle, il ne faut pas oublier les dangers propres à cet environnement.
La sécurité à l’Aiguille du Midi : des employés formés à l'incendie
L’Aiguille du Midi a ses propres “pompiers”. Certains membres du personnel de l’Aiguille du Midi sont formés aux manœuvres identiques à celles des sapeurs-pompiers dans le cas où un incendie se produirait. La Compagnie du Mont-Blanc (CMB) a équipé 14 de ses employés, soit 7 binômes, en matériel lourd et vêtements de protection identiques à ceux des hommes du feu. Ils subissent entraînements et recyclages plusieurs fois par an dans une spécialisation ARI (appareils respiratoires isolés).
Ils sont formés dans le cadre d’une intervention en milieu confiné. Un milieu confiné est un lieu opaque sans visibilité (fumée toxique) dans lequel sans équipement respiratoire et sans matériel spécifique, aucune personne ne peut pénétrer sans compromettre sa santé ou sa vie. Du fait de l’éloignement des secours par rapport à la situation géographique de l’Aiguille du Midi, la mise en place d’une intervention ciblée et opérationnelle dans les 15 premières minutes était nécessaire. Notons que le personnel saisonnier et permanent est formé à la lutte incendie par la mise en place de formation d’utilisation d’extincteur.
Le « triangle de l'amitié » : une coopération transfrontalière
Dans le massif du Mont-Blanc, comment les secours en montagne français, suisses et italiens ont "appris à travailler ensemble" ? Plus de 40 ans après sa création, le "triangle de l'amitié" tracé autour du Mont Blanc par les secouristes français du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne), d'Italie (Soccorso Alpino Vadostano) et de Suisse (Air Zermatt) continue de fonctionner. Les secours en montagne français, italiens et suisses exerçant dans le massif du Mont-Blanc coopèrent depuis plusieurs décennies au service d'interventions plus rapides et efficaces. Ils se réunissent chaque année pour renforcer cette collaboration.
« Se connaître, connaître les procédures des autres, se renforcer mutuellement, ça permet parfois de réussir des missions que l'on ne réussirait pas à accomplir tout seul », abonde de son côté du Mont-Blanc Étienne Rolland, le commandant du PGHM de Chamonix Mont-Blanc. Lors du rassemblement de 2025 à Zermatt, il a été beaucoup question de présentation de nouveaux matériels de secours, comme un modèle d'équipement de treuillage pour nourrisson.
Missions quotidiennes et hélitreuillage dans les Pyrénées
Malaises, accidents, recherches... l'hélicoptère de la sécurité civile veille sur les randonneurs. Dragon 64 intervient dans toutes sortes de lieux escarpés difficiles d'accès. Ce matin-là, sur la base de Pau, Fabien et Renan, secouristes au Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) d'Oloron-Sainte-Marie, embarquent tout leur matériel. Quatre personnes embarquent dans l'hélicoptère pour secourir au plus vite les randonneurs en difficulté. Depuis le début du mois de juillet, Dragon 64 a effectué une centaine d'interventions dans les Pyrénées-Atlantiques.
Récapitulatif des interventions récentes dans le massif du Mont-Blanc :
- Arête de l’Aiguille du midi : Un homme de 25 ans victime d’une blessure à la jambe.
- Vallée Blanche : Une femme de 34 ans présentant un traumatisme du genou.
- Contamines-Montjoie : Un skieur de 40 ans souffrant d’un traumatisme à l’épaule.
- Domaine de Balme : Une femme de 60 ans évacuée pour un double traumatisme, facial et cervical.
- Voie Vent du Dragon : Une cordée bloquée techniquement a été guidée puis finalement redescendue.