Budget de l’État français : les ravages économiques des pyromanes néolibéraux
« L’État dépense trop, il faut baisser la dépense publique ! ». Voilà un des slogans les plus fréquents des néolibéraux. Pourtant, jusqu’à l’avènement du macronisme, les dépenses de l’État n’ont guère augmenté, ce sont au contraire les recettes qui se sont effondrées. En réalité, la différence avec les pays voisins vient surtout du fait que la France a choisi de mutualiser via la Sécurité sociale des dépenses qui existent dans d’autres pays, mais qui relèvent là-bas des assurances privées. Et comme la population vieillit de plus en plus, ces dépenses publiques ici, privées ailleurs, augmentent sans cesse.
La clochardisation mathématique de nos services publics
Pour comprendre l'évolution budgétaire, la comptabilité publique permet de distinguer deux grands types de dépenses publiques :
- les transferts financiers, qui correspondent à une simple redistribution immédiate des impôts récoltés (chèques signés par les administrations et distribués sans contrepartie directe) ;
- les dépenses d’administration, qui correspondent aux dépenses de fonctionnement comme le paiement de fonctionnaires ou l'achat de matériel et d’investissement.
Les dépenses de l’État sont constituées aux deux tiers de transferts financiers, qui n’ont eu de cesse d’augmenter, essentiellement sous la forme de prestations sociales et de subventions. L’argent payé est reversé aux contribuables, qui en bénéficient soit immédiatement (remboursements médicaux, subvention aux entreprises, aides au logement, bouclier énergie…), soit de manière différée (retraite, chômage, invalidité…). En revanche, les dépenses d’administration, elles, ne cessent de diminuer depuis 35 ans : il ne faut pas chercher plus loin les raisons de la clochardisation de plus en plus avancée des services publics.
| Type de dépense | Définition et exemples | Évolution constatée |
|---|
| Transferts financiers | Redistribution immédiate : prestations sociales, retraites, aides au logement, subventions aux entreprises. | En augmentation constante. |
| Dépenses d’administration | Fonctionnement et investissement : salaires des fonctionnaires, matériel, routes, hôpitaux. | En diminution depuis 35 ans. |
Les services publics sacrifiés au profit d’aides colossales aux entreprises
Le néolibéralisme a transformé l’État en une vaste pompe aspirante et refoulante, accordant de plus en plus de soutien financier aux entreprises et aux particuliers souvent les plus aisés. Cela s'est traduit par exemple avec la large diminution de l’impôt sur la fortune, le fameux ISF largement supprimé après 2017. Les dépenses au bénéfice des entreprises et des plus riches ont en revanche fortement augmenté, avec pour conséquence la chute des dépenses de fonctionnement des services publics. Au final, cette mauvaise gestion de l'État a entraîné une multiplication des déficits, et donc de l'endettement.
La France parmi les cancres budgétaires d'Europe
La situation est intenable et l’Union européenne s’en mêle : l’austérité est devant nous. La situation s’est nettement aggravée depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, nous déconstruisons la propagande néolibérale habituelle selon laquelle il y aurait une anomalie française dans la gestion de son État. En réalité, les dépenses d’administration ne cessent de diminuer, tandis que les recettes s'effondrent, plaçant la France dans une position critique.