Histoire et patrimoine de la rue Sainte-Anne à Toulouse
La rue Sainte-Anne (en occitan : carrièra de Santa Anna) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Elle se situe dans le quartier Saint-Étienne et naît perpendiculairement à la rue Saint-Jacques, au carrefour de la place du même nom. La rue suit approximativement le tracé du passage qui traversait, depuis le Moyen Âge, le quartier des chanoines de la cathédrale Saint-Étienne.
Un héritage au cœur du quartier canonial
Le tracé historique longeait, du sud au nord, les maisons de ces chanoines, l'église Saint-Jacques, les bâtiments qui entouraient le cloître de Saint-Étienne – le plus grand du Midi de la France –, le chevet de la cathédrale et la prévôté du chapitre. Entre 1799, date de la destruction du cloître, et 1862, date de la démolition de la prévôté, tout ce quartier disparaît. Seule la cour qui borde la chapelle Sainte-Anne, l'hôtel de Lamothe-Trilhe et sa remise témoignent encore de ce passé religieux et architectural.
L'église Sainte-Anne tient son nom de la chapelle Sainte-Anne, construite à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Jacques, qui avait dû être démolie en 1812 pour permettre le percement de la rue Sainte-Anne l'année suivante. La chapelle Sainte-Anne est aujourd'hui intégrée aux bâtiments de la préfecture de Haute-Garonne.
Évolution de l'odonymie
Au Moyen Âge, il n'existait qu'une impasse, partant de la rue Saint-Jacques, qui desservait le sud du quartier canonial de la cathédrale Saint-Étienne. Elle porta plusieurs noms, toujours en rapport avec ce voisinage :
- Rue de la Cour-Saint-Étienne (début du XIIIe siècle) ;
- Rue des Chanoines-de-Saint-Étienne (fin du XVe siècle) ;
- Rue de la Chanoinie ou de la Chanoinerie (milieu du XIVe – XVIIIe siècle) ;
- Rue du Cloître-Saint-Étienne (XVIIIe siècle-1806).
En 1794, pendant la Révolution française, son nom fut changé en rue la Palme, mais il ne subsista pas, et en 1813 les travaux permettaient d'ouvrir la nouvelle rue Sainte-Anne.
Tableau récapitulatif des dénominations historiques
| Nom de la voie |
Période historique |
| Rue de la Cour-Saint-Étienne |
Début du XIIIe siècle |
| Rue de la Chanoinie |
Milieu du XIVe – XVIIIe siècle |
| Rue du Cloître-Saint-Étienne |
XVIIIe siècle – 1806 |
| Rue la Palme |
1794 (Révolution française) |
| Rue Sainte-Anne |
Depuis 1806 / 1813 |
Morphologie et situation actuelle
Longue de 291 mètres, la rue est aujourd'hui bordée d'immeubles construits principalement au XIXe siècle ou aux siècles suivants. La première partie de la rue rencontre la rue Bertrand-de-l'Isle, dans l'axe du chevet de la cathédrale Saint-Étienne. Enfin, après avoir reçu la rue Riguepels, la rue Sainte-Anne se termine au croisement de la rue de Metz. Elle appartient désormais à un site patrimonial remarquable (1986).