Sur la liberté : la maison, la prison, l'exil… et le monde par Yassin al-Haj Saleh
Yassin al-Haj Saleh (né en 1961 à Racca) est un écrivain et essayiste syrien, l’un des principaux intellectuels opposants au régime des Assad. Il a passé seize ans en détention sous Hafez al-Hassad. En juillet 2013, il a quitté la Syrie pour Istanbul, puis pour Berlin où il vit actuellement en exil.
Un parcours marqué par l'engagement et l'épreuve
Le 9 décembre 2013, son épouse Samira al-Khalil a été enlevée dans la zone insurgée de Douma, avec la jeune avocate Razan Zaitouneh, son mari Wael Hamadeh, et Nazem Hammadi, tous militants des droits de l’homme. Elles et ils n’ont pas réapparu depuis. Yassin al-Haj Saleh est l’un des membres fondateurs de la revue syrienne Al-Jumhuriya ; il a publié de très nombreux articles et une dizaine de livres.
L'ouvrage Sur la liberté : la maison, la prison, l’exil… et le monde se compose de trois textes et d’un long entretien, l’ensemble étant préfacé par Catherine Coquio.
Analyse de la liberté et de l'illiberté
Les trois textes ont pour thème central les dimensions relatives de la liberté, analysée par Yassin al-Haj Saleh au prisme du « moi », de la « maison », de la prison et de l’exil. L'auteur explore les formes multiples de « l’illiberté » :
- La liberté dont jouit le monde de l’exception au-dessus de la loi est intrinsèquement liée à l’illiberté que subit le monde de l’exception en-dessous de la loi.
- La prison consentie est parfois le gage d’une certaine forme de liberté.
- La liberté existe comme acte, mouvement, processus d’affranchissement ou de transformation.
Yassin al-Haj Saleh propose des réajustements de la pensée et des redéfinitions de la philosophie, et désigne des domaines contemporains d’infra-liberté (survie) et de supra-liberté (vie souveraine) entre lesquels la liberté existe bien, mais « en état de siège ».
Réflexions politiques et littéraires
Avec, en arrière-plan constant de sa réflexion, « l’hermétique absence de Samira » et la dévastation de son pays par la guerre et la dictature des Assad, l'auteur aborde des questions diverses :
- La nécessité de combattre le nihilisme du pouvoir dictatorial comme celui des islamistes.
- L’analogie de l’organisation de la révolution syrienne avec celle de la Commune ou avec le modèle « conseilliste ».
- L’apparition en Syrie d’une nouvelle écriture (il parle d’« écriture peuplée »), directement issue de l’expérience de la guerre et de la prison.
- L’impératif d’écrire une « tragédie de l’oubli ».
Catherine Coquio analyse en détails le rôle de son expérience carcérale dans son « marxisme anti-stalinien », et celui de la disparition de Samira al-Khalil dans sa lutte contre les processus d’absentéisation imposés par les régimes de terreur.
Informations bibliographiques
| Caractéristique |
Détails |
| Titre |
Sur la liberté : la maison, la prison, l’exil… et le monde |
| Auteur |
Yassin al-Haj Saleh |
| Traduction |
Marianne Babut et Cyril Béghin |
| ISBN |
978-2-37367-023-3 |
| Pages et format |
176 pages, 21,5 x 16,5 cm |
| Date de parution |
15 janvier 2025 |