Tabaski à Abidjan : la démolition d’un abattoir, l’inattendu ingrédient qui pimente la facture
La Tabaski, ou Aïd el-Kébir, est une période où la demande en bétail bat tous les records. Les préparatifs de cette fête religieuse, marquée par le sacrifice rituel de moutons, sont cette année particulièrement complexes, en raison de la destruction récente de l’abattoir de Port Bouet, une infrastructure cruciale pour l’approvisionnement en viande de la capitale économique ivoirienne.
État des lieux du marché de bétail
À Abidjan, le marché de bétail est en effervescence, les moutons sont déjà visibles dans le parc à bétails d’Adjamé Macassi, approvisionné par le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Des éleveurs de moutons attendent des clients à Abidjan, Côte d'Ivoire, avant l'Aïd al-Adha. Même si ce n’est pas l’affluence des grands jours, certains clients parcourent le marché pour se faire une idée sur les prix.
Diarra Issouf, un marchand de bétail du marché d’Adjamé, explique la situation actuelle : « Nous attendons plus de clients cette année, car la Tabaski est une fête très importante pour nous. Pour l’instant, ce n’est pas encore la grande affluence parce que certains clients attendent à trois, voire cinq jours pour venir faire le marché. Nous sommes optimistes inchallah ».
Défis logistiques et flambée des prix
Les répercussions sur les prix du bétail sont déjà visibles. Selon les estimations des commerçants, le prix des moutons a augmenté de 20 à 30% par rapport à l’année dernière. Les prix oscillant entre 75.000 et 1.000.000 Fcfa le mouton, des prix pas du tout appréciés des clients. Cette situation inquiète les consommateurs, déjà confrontés à la cherté de la vie.
Plusieurs facteurs expliquent cette inflation :
- La délocalisation forcée : La destruction de l’abattoir de Port Bouet a entraîné une réorganisation forcée de la chaîne de ravitaillement.
- Hausse des coûts de transport : Comme le souligne Diarra Adama, vendeur : « Nous devons maintenant transporter notre bétail jusqu’au marché de bétails d’Adjamé, ce qui augmente nos coûts et réduit nos marges bénéficiaires. »
- Charges additionnelles : Certains justifient cette inflation des prix par les tracasseries routières et le coût élevé des produits d’entretien des bêtes et les différentes taxes communales à payer.
Données comparatives et informations sur les prix
Voici un récapitulatif des données actuelles sur le marché de la Tabaski à Abidjan :
| Indicateur |
Détails constatés |
| Origines du bétail |
Mali, Niger, Burkina Faso |
| Fourchette de prix |
75 000 Fcfa à 1 000 000 Fcfa |
| Évolution des prix |
Hausse de 20% à 30% |
| Lieu de vente principal |
Parc à bétails d’Adjamé Macassi |
En attendant la fête de la Tabaski, les moutons du parc à bétails d’Adjamé attendent des acheteurs qui pour l’heure ne bousculent pas. « À cette allure, tous les ménages ne pourront pas avoir droit à mouton cette année », déplore Oumar Diakité, un client. Les prochains jours seront décisifs pour les commerçants et les familles, qui devront naviguer entre les défis logistiques et économiques pour perpétuer une tradition ancestrale.