Israël : un temple juif à la place de la mosquée al-Aqsa, ce projet qui fait trembler le monde
À Jérusalem, des mouvements extrémistes se battent pour reconstruire le Troisième Temple de Jérusalem à la place de ce lieu saint musulman, au risque de provoquer une guerre des religions. La mosquée Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam, est située sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël. Ce site, qui est également le lieu le plus sacré du judaïsme, est au cœur des tensions israélo-palestiniennes.
Le statu quo et l'accès au mont du Temple
Le statu quo en vigueur depuis la conquête de l’esplanade des Mosquées par Israël lors de la guerre des Six-Jours, en juin 1967, stipule que les juifs peuvent visiter l’esplanade à des horaires précis mais doivent s’abstenir d’y pratiquer toute forme de culte. Soucieux d’éviter toute confrontation avec le monde islamique, les Israéliens ont confié l’esplanade au Waqf, une fondation musulmane chargée d’administrer les mosquées.
Pourtant, les choses ont bien changé. Comme chaque matin, le rabbin Elisha Wolfson se rend au mont du Temple, accédant par la porte des Maghrébins qui surplombe le Mur des Lamentations. Bien que l’agent de police rappelle l'interdiction de prier, les fidèles juifs s’assoient désormais sur un muret face à la Coupole du Rocher et prononcent des prières à haute voix, en violation du statu quo. Les mouvements sionistes religieux, identifiables à leur kippa tricotée, se pressent sur les lieux avec l'espoir de voir le temple reconstruit.
Synthèse des lieux saints et de leur importance
- La mosquée Al-Aqsa : Troisième lieu saint de l’Islam.
- La Coupole du Rocher : Édifice emblématique de Jérusalem, situé à l’endroit où se trouvait jadis le "saint des saints", le centre spirituel du judaïsme détruit en l’an 70 par l’empereur romain Titus.
- Le Mur des Lamentations : Situé dans le quartier juif de la vieille ville, il est surplombé par la passerelle menant à l'esplanade.
Sanctions contre les autorités religieuses
Dans ce contexte de tensions accrues, les autorités israéliennes ont interdit pour six mois l'accès de la mosquée Al-Aqsa au grand mufti de Jérusalem et des Territoires palestiniens, Cheikh Muhammad Hussein. Cette interdiction, courant jusqu’au 25 janvier, a été imposée après un prêche dans lequel il a dénoncé la politique de famine de l’occupant contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza. La police israélienne justifie cette mesure pour empêcher une grave atteinte à la sécurité, bien que l’avocat du religieux affirme que le prêche ne contenait rien de répréhensible.
Aujourd'hui, l’esplanade baigne dans une lumière envoûtante, mais reste le point de friction majeur où les prières clandestines et les projets de reconstruction du temple menacent l'équilibre fragile de la région.