Histoire d’un Coran du Maroc offert à la mosquée d’Al-Aqsa
Le musée islamique de la mosquée d’Al-Aqsa abrite un manuscrit du Coran offert il y a 7 siècles par Abu al-Hasan Ali ibn Uthman ibn Ya'qub al-Marini, surnommé Mansour Billah. Ce document est unique par rapport aux autres manuscrits coraniques de cette époque, et témoin de l'art islamique du Maroc et de l'amour du peuple de ce pays pour Al-Quds et la mosquée Al-Aqsa.
Le Sultan Aboul Hassan : un donateur pieux et calligraphe
Le sultan Aboul Hassan Mansour Ballah Marini, surnommé Amir al-Muslimin, était un Berbère connu pour son ascétisme, sa piété et sa belle écriture qu’il avait héritée de son père. Pendant son règne, Abou al-Hassan a créé plusieurs centres religieux et éducatifs, des écoles et des mosquées, en particulier en Egypte. Tout au long de l'histoire, les dirigeants musulmans ont considéré le Coran comme l'un des cadeaux les plus précieux.
Le sultan Aboul Hassan a offert quatre manuscrits du Coran qu'il avait rédigés de ses propres mains au sultan Nasser Muhammad ibn Mansour Qalawun. Ce dernier en offrit un à la Sainte Mosquée de La Mecque, un à la Mosquée du Prophète à Médine, et un troisième à la Mosquée Al-Aqsa. A l'exception du Mus’haf qui se trouve au musée de la mosquée d’Al-Aqsa, il ne reste aucune trace des autres manuscrits.
Caractéristiques artistiques et matérielles du Mus'haf
Selon le site d'information Al-Jazeera, ce Mus'haf (manuscrit coranique) est conservé dans un coffret carré en bois orné de motifs argentés où se trouvent les parties du Coran et des copies de la lettre de dotation. La lettre déclare : « La lecture de cette copie du Coran doit être faite à l'intérieur du Dôme du Rocher ».
Les titres et la fin des sourates de ce Mus'haf sont écrits en écriture coufique, mais le texte du Mus'haf est écrit en simple écriture marocaine sans aucune décoration. L'encre est composée de substances aromatiques comme le safran et le musc, imprégnée d'encre de carbone. Les divers motifs ornementaux au début de chaque partie, qui incorporent de beaux éléments géométriques, des fleurs et des plantes colorées, reflètent la beauté de l'art islamique marocain à l'époque d’Al-Marini.
Étude et préservation du manuscrit
En 2020, une Palestinienne vivant à Jérusalem nommée Samar Nimr Bakirat, restauratrice de manuscrits, a entrepris une étude du Mus’haf de Marini sous ses aspects matériels et artistiques. Elle a déclaré : « J'ai examiné toutes les sections de ce manuscrit de manière méthodique et approfondie. J'ai séparé les composants de ce Coran pour connaître leurs détails matériels et comment les pages avaient été cousues. »
Voici les données clés relatives à l'état et à la composition de ce manuscrit historique :
- Donateur : Sultan Aboul Hassan Mansour Ballah Marini.
- Contenu original : 30 parties rédigées de la main du Sultan.
- État actuel : Seulement 24 parties appartiennent encore au Sultan Marini.
- Restaurations historiques : Cinq parties ont été réécrites à l'époque ottomane en 1807 par Hadj Mubarak bin Abd al-Rahman al-Maliki.
- Perte notable : En 1932, la trentième partie de ce Mus'haf a disparu.
- Matériaux : Peaux (parchemin), coffret en bois et motifs argentés.
La boîte qui accompagne le Mus'haf marocain et les peaux sur lesquelles sont rédigés les versets ont contribué à la préservation du manuscrit à travers les siècles.