Qard Hasan : le concept de prêts sans intérêt dans le secteur bancaire islamique
La banque islamique fait référence à un système d’activité bancaire fondé sur la jurisprudence islamique. Dans le secteur bancaire islamique, l’un des concepts fondamentaux qui le distingue du système bancaire conventionnel est l’interdiction des intérêts ou de l’usure. Au lieu de cela, la banque islamique met l’accent sur les principes de partage des bénéfices et du partage des risques. L'une des façons dont ce principe est mis en pratique est le concept de Qard Hasan, qui fait référence à un prêt sans intérêt accordé par un prêteur à un emprunteur.
La signification et le but de Qard Hasan
Qard Hasan, dérivé des mots arabes « Qard » (prêt) et « Hasan » (bien), signifie essentiellement un prêt bienveillant. Il s’agit d’un prêt accordé par un prêteur à un emprunteur sans aucune attente de profit ni d’intérêt. L'objectif principal de Qard Hasan est de répondre aux besoins financiers des particuliers ou des entreprises qui ont besoin de fonds temporaires mais qui ne peuvent pas accéder à des prêts à taux d'intérêt pour des raisons religieuses ou éthiques. Ce concept garantit que ceux qui en ont besoin ont accès à des options de financement sans intérêt, favorisant ainsi une plus grande inclusion financière au sein du système bancaire islamique.
Les principales caractéristiques et avantages de Qard Hasan
- Sans intérêt : Qard Hasan est basé sur le principe de ne facturer aucun intérêt, ce qui le rend conforme à la charia. Cela en fait une option attrayante pour les particuliers ou les entreprises à la recherche d’alternatives de financement éthiques et halal.
- Protection sociale : Qard Hasan encourage la pratique consistant à aider les autres dans le besoin en leur fournissant une aide financière sans aucun motif de profit. Il promeut le concept de protection sociale et renforce le sentiment de communauté au sein des sociétés islamiques.
- Solution temporaire : Qard Hasan est généralement fourni pour les besoins financiers à court terme, tels que les urgences médicales, les frais d'éducation ou les petites entreprises.
Analyse comparative : Qard et Salaf
Les prêts dans la banque islamique peuvent être classés en deux catégories : Salaf et Qard. Le tableau suivant synthétise leurs principales différences selon les principes de la finance islamique :
| Caractéristique |
Qard |
Salaf |
| Échéance |
Payable sur demande. |
Prêté à temps fixe. |
| Exigibilité |
Le prêteur peut exiger un remboursement à tout moment. |
Ne peut être exigé avant sa date d’échéance. |
| Horizon temporel |
Solution temporaire pour combler un écart. |
Horizon temporel court, moyen ou long. |
| Objectif |
Fins humanitaires et de bien-être sans profit. |
Contrat créant une responsabilité pour le vendeur (dette). |
Par ailleurs, le Qard ne doit apporter aucun retour au prêteur car cela équivaudrait à prendre Riba (intérêts). Cependant, un emprunteur peut payer plus que le montant emprunté, mais il ne doit pas être stipulé dans le contrat.
La Mourabaha : un mode de financement alternatif
La Mourabaha, également connue sous le nom de financement à coût majoré, est l’un des concepts fondamentaux du système bancaire islamique. Il s'agit d'un mécanisme de financement fondé sur des contrats qui permet aux particuliers et aux entreprises d'acquérir des actifs ou des biens sans recourir à des prêts à taux d'intérêt. Essentiellement, la Mourabaha implique la vente de biens à un prix majoré, dans le cadre de laquelle l'acheteur s'engage à payer le vendeur en plusieurs versements sur une période déterminée. La banque islamique promeut ainsi le financement adossé à des actifs, ce qui signifie que toutes les transactions financières doivent être soutenues par des actifs corporels.
Responsabilités des débiteurs
Le devoir le plus important du débiteur est de rembourser le prêt en exécution du contrat conclu avec le créancier. Un emprunteur, lorsqu’il accepte des prêts, doit être fermement déterminé à rembourser. De plus, la Shari’a met beaucoup l’accent sur le remboursement des prêts et l’emprunteur a également l’obligation morale de rembourser un prêt. Les prêts islamiques ont pour objet de soutenir l’émancipation des individus et non de les renforcer dans leurs conditions.