Des législatives décisives avant la présidentielle en Mauritanie
Un million quatre cent mille électeurs étaient appelés aux urnes, samedi, en Mauritanie. Ces élections ont valeur de test pour le régime de Mohamed Ould Abdelaziz et pourraient ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président mauritanien. Après une fin de campagne houleuse, les Mauritaniens se sont rendus aux urnes samedi 1 er septembre pour des élections législatives, régionales et locales qui constituent un test pour le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, à moins d'un an de la présidentielle de la mi-2019.
Participation et enjeux du scrutin
Le taux de participation s'établissait à 18 heures dans une fourchette de 40 à 60% selon les régions, avec une moyenne nationale de 42%, a indiqué à l'AFP un membre de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Contrairement aux précédentes législatives de 2013, l'opposition a cette fois décidé d'y participer, y compris dans ses composantes dites "radicales", ce qui porte au nombre record de 98 les partis politiques en lice pour ce premier tour.
Le facteur religieux et les tensions idéologiques
La campagne électorale s'est achevée par des échanges acerbes entre le pouvoir et l'opposition. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé à Noukachott que le pays était "en danger" à cause d'une opposition divisée entre, selon lui, "islamistes dangereux, extrémistes racistes et des résidus d'anciens régimes ayant mis le pays à genoux". Les islamistes "n'attendent que leur échec politique pour prendre les armes", avait-il déjà déclaré mercredi.
En réaction, "C'est M. Aziz qui a pris les armes contre un régime élu et assassiné la démocratie", a rétorqué un responsable du parti islamiste Tewassoul, Jemil Ould Mansour. De plus, alors qu'opposants et ONG dénoncent régulièrement des atteintes aux droits de l'Homme, le maintien au secret d'un blogueur accusé de blasphème a marqué le contexte de ce vote.
Indicateurs clés de l'élection
- Électeurs appelés : 1 400 000
- Partis politiques en lice : 98
- Moyenne nationale de participation (18h) : 42%
- Participation à Nouakchott (19h) : 50 à 55%
Perspectives politiques et Constitution
Si la majorité présidentielle obtient plus de deux tiers des sièges, alors elle pourra si elle le souhaite modifier la Constitution, ce qui ouvrirait à la voie à un éventuel troisième mandat du président. C’est en tout cas ce que craint l’opposition mauritanienne, qui ne croit pas aux promesses du président qu’il partira après son deuxième mandat. Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général, est arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2008, avant d'être élu en 2009 et réélu en 2014.