Audrey Garino : face à la recrudescence des femmes sans-abri à Marseille
Alors que la 2e Nuit de la solidarité mobilisera les bénévoles ce 26 janvier, Audrey Garino, adjointe en charge de la Solidarité, fait le point sur les initiatives de la municipalité pour répondre aux besoins des plus démuni.e.s. Pour Audrey Garino et ses services de la Solidarité à la Ville de Marseille, il s’agit d’aller directement à la rencontre des publics démunis afin de mieux appréhender leurs profils et leurs besoins.
L’émergence de nouveaux visages de la pauvreté
Car si les crises consécutives continuent de creuser les inégalités, elles font aussi émerger de nouveaux visages de la pauvreté. On constate, depuis quelques mois, une recrudescence des femmes et des enfants en situation de rue. Pour autant, Marseille a une spécificité dans le champ de la solidarité : elle a un Samu social municipal qui maraude 365 jours par an, de 7h du matin à minuit. Aujourd’hui, on a à la rue :
- Des femmes et des tout-petits ;
- Des jeunes et des mineurs non accompagnés (MNA) ;
- Des personnes sorties d’Aide sociale à l’enfance ;
- Des personnes âgées.
Les causes de la vulnérabilité des femmes
Pourquoi les femmes se retrouvent-elles davantage à la rue aujourd’hui ? Très souvent, ce sont des femmes qui exercent les fonctions de cheffe de famille dans les familles monoparentales. On sait à quel point celles-ci sont impactées par la crise, vivant souvent sous le seuil de pauvreté. De façon objective, les femmes subissent beaucoup plus les situations de crise car nous vivons dans un système patriarcal.
| Indicateurs sociaux |
Données chiffrées |
| Part des familles monoparentales dirigées par des femmes |
90 % |
| Inégalité salariale (salaire inférieur pour les femmes) |
20 % |
| Objectif municipal de création de places d'hébergement |
1000 places |
| Places créées en deux ans (essentiellement pour femmes/enfants) |
240 places |
| Taille des nouvelles unités d'accueil prévues |
50 à 60 places |
Actions municipales et dispositifs d’accompagnement
Tout l’enjeu, c’est de créer plus de places. La Ville s’est engagée à créer 1000 places d’hébergement d’urgence. Elle en a déjà créé 240 en deux ans, dont quasiment toutes sont essentiellement destinées à des femmes avec enfants ou à des familles. « Les gros UHU à 300 places, ça n’existera plus sous notre mandature », affirme l'adjointe. L’engagement est de créer des unités qui soient gérables et qui maillent la pluralité du territoire, car concentrer la misère avec la misère n’est pas la façon dont on souhaite travailler.
Des refuges dédiés et tremplins vers une nouvelle vie
La réalisatrice Claire Lajeunie a filmé les femmes sans domicile fixe accueillies dans les centres non mixtes, véritables tremplins vers une nouvelle vie. Dans son documentaire, elle va à la rencontre des femmes à la rue en choisissant de tourner la caméra vers ces lieux refuges. Tout commence souvent dans les bains-douches du 12e arrondissement de Paris, où l'espace est réservé aux femmes pour qu'elles s'y lavent et s'y ressourcent.