Aide sociale à l’enfance : Le Département de Haute‐Garonne ferme des places malgré ses promesses
La mobilisation des agents du Centre départemental de l’enfance et de la famille à Toulouse aura été vaine. Un an après leur bataille pour sauver trois de leurs services, deux vont définitivement fermer, en laissant toujours plus démunis les professionnels de l’aide sociale à l’enfance ainsi que les jeunes qu’ils suivent. Les employées de l'Aide sociale à l'enfance de Haute-Garonne se sont rassemblées devant le CDEF le 16 mai 2025 pour dénoncer une nouvelle fois les mauvaises conditions d'accueil des jeunes dans leurs structures.
Une fermeture actée pour des services essentiels
C’est la douche froide pour les personnels du Dispositif Appartements Parents‐Enfants (DAPE) et du service d’Interventions à Domicile du Centre départemental de l’enfance et de la famille de Haute‐Garonne (CDEF). Leur direction leur a annoncé, début juin, la cessation prochaine de leurs activités, revenant ainsi sur l’engagement pris par le Conseil départemental de les transférer vers un autre opérateur.
Voici l'impact chiffré de ces fermetures sur l'accompagnement des bénéficiaires :
| Service concerné |
Capacité d'accueil / Accompagnement |
| Dispositif Appartements Parents‐Enfants (DAPE) |
Accompagnait jusqu’à 14 binômes adulte‐enfant |
| Service d’Interventions à Domicile |
Suivait 20 jeunes au sein de leurs foyers parentaux |
Incertitude et opacité sur le devenir des familles
Que vont devenir les bénéficiaires de ces services ? Quelles garanties vont‐ils obtenir en matière de logement ou d’accompagnement adapté à leur fragile situation parentale ? Impossible à dire. Interrogés à plusieurs reprises, les responsables de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) au Conseil départemental et la directrice du CDEF ont refusé de répondre aux questions. « Tout [sera] fonction des familles, après étude précise de chaque situation », s’est contenté de préciser le directeur adjoint de l’Aide sociale à l’enfance, lors de la dernière réunion du conseil d’administration du CDEF, le 1er juillet.
Un constat alarmant pour la protection de l'enfance
Devant la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques en matière de protection de l’enfance, Sébastien Vincini, le président socialiste du département de Haute‐Garonne, avait reconnu, début février, être arrivé à « un point critique », tout en défendant fermement le « doublement, en sept ans, du budget » dédié à cette politique.