Toulouse : L’intégration des jeunes exilés par l’apprentissage du français et la solidarité citoyenne
En cinq ans, l’université fédérale de Toulouse a créé le programme Dilami comprenant, entre autres, des cours intensifs de français à quelque 300 jeunes réfugiés pour qu’ils poursuivent leurs études et s’insèrent dans la société. Ces élèves de moins de 35 ans et au minimum bacheliers, viennent principalement de Syrie, Soudan, Iran, Géorgie, Libye, Afghanistan, Yémen… C’étaient plutôt des jeunes, seuls ou en couple et diplômés qui fuyaient les persécutions à l’œuvre dans leur pays d’origine, variable en fonction de leur confession et de leur implication dans leur pays.
Le programme Dilami : un dispositif pour l'insertion
Le Dilami (Dispositif langues accueil migrant) a vu passer quelque trois cents étudiants, à raison de 60 par an. Son but est de leur permettre de s’intégrer le mieux possible. L’étudiant exilé peut alors bénéficier de 400 heures de cours par an à raison d’au moins 15 heures hebdomadaires. Ce cursus se divise en trois niveaux que l’on pourrait résumer de la façon suivante :
- Arriver à se présenter ;
- Tenir une conversation avec des copains, de la famille ;
- Le niveau “avancé” où l’on s’exprime avec nuance permet d’accéder aux études supérieures.
C’est ainsi que la dernière promotion a été diplômée il y a quelques semaines, avec un taux de réussite de 77 % ! Sur 60 étudiants, 46 ont validé leur année. Ces cours intensifs sont des pré-requis pour aller vers d’autres formations qualifiantes.
| Indicateurs du programme Dilami |
Données |
| Nombre d'étudiants formés en 5 ans |
Environ 300 |
| Volume horaire annuel |
400 heures |
| Taux de réussite (dernière promotion) |
77 % |
L'accueil citoyen : une hospitalité sans distinction
À Toulouse, l’association Welcome se mobilise pour trouver des familles d’accueil à ces migrants. L’accueil chez Welcome repose sur l’éthique : il est inconditionnel et « rejette toute distinction de race, de sexe, de religion ou de langue ». Chez Welcome Toulouse, l’aide consiste à regrouper plusieurs familles prêtes à accueillir gracieusement et successivement des réfugiés isolés, le temps d’attente de l’instruction de la demande d’asile.
Pour qu’une famille soit éligible, elle doit être pleinement investie dans la notion de partage. Les familles doivent au moins s’engager à partager les repas avec la personne. Cette « offre » est complètement gratuite ; il n’est pas question de demander à la personne hébergée une rétribution financière, ni de lui demander d’effectuer un quelconque travail en échange de l’hospitalité. C'est une occasion pour ces personnes, qui ont souvent traversé des épreuves douloureuses, de se familiariser avec la culture française, et donc de mieux s’intégrer.
Défendre le droit d'asile et l'accueil digne
Forum Réfugiés-Cosi est une association sans but lucratif qui agit pour l'accueil des réfugiés, la défense du droit d'asile et la promotion de l’état de droit. Par ailleurs, 36 associations s’associent pour que l’accueil digne soit la règle, pas l’exception. Elles affirment que les dispositifs mis en place pour accueillir les personnes fuyant la guerre témoignent de la possibilité d’offrir un accueil digne pour toutes et tous. Des mesures immédiates et durables doivent être prises dans le respect des engagements internationaux de la France, en faveur de toutes les personnes qui demandent une protection, et ce de manière inconditionnelle.