Le capitalisme d'État en France : un soutien massif aux entreprises au détriment des citoyens
En France, un capitalisme d'État austéritaire au service des grandes entreprises se dessine de plus en plus nettement. Pour remédier à la dette et aux déficits publics abyssaux de la France que Macron a continué de creuser, la solution est toute trouvée : ce sera l’austérité. Cette politique évite de trop mettre à contribution les plus aisés ou les grandes entreprises, bien que ces derniers soient les grands gagnants des politiques menées depuis la fin des années 1980.
L'émergence d'un nouveau capitalisme d'État
Une récente étude publiée dans la revue à comité de lecture « Economy and Society » démontre comment la montée du néolibéralisme a façonné l’émergence d'un « nouveau capitalisme d'État » français. Sous l’influence de la financiarisation et du libre-échange, l’intervention de l’État dans l’économie s’est amplifiée et a été réorientée vers les entreprises au détriment des citoyens.
Selon les auteurs, depuis trente ans, la « consanguinité » et la reproduction des « élites » politiques et économiques ont transformé l’État en un outil au service du capital. Ainsi, l’État soi-disant « providence » s’est de plus en plus détourné du peuple pour soutenir prioritairement les marges des entreprises privées.
Des aides publiques massives et croissantes
L’État français consacre désormais une part importante de son budget à l’aide aux entreprises. Comme le met en avant une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES), les subventions aux entreprises sont devenues le premier poste de dépenses de l’État, devant l'Éducation nationale.
Voici un récapitulatif des données clés extraites des rapports récents sur ces financements :
- Aides annuelles totales : Désormais plus de 200 milliards d'euros d'aides au secteur privé, souvent sans aucune contrepartie.
- Montant des subventions en 2019 : Près de 160 milliards d’euros versés avant même les dispositifs liés au Covid-19.
- Comparaison budgétaire : Ce montant correspond environ au double du budget de l’Éducation nationale.
- Évolution du PIB : Entre 2000 et 2019, la part des aides de l’État reçues par le secteur privé est passée de 2,7 % à 6,4 %.
- Croissance sur 20 ans : Le montant total des subventions accordées a plus que quadruplé en vingt ans.
Mondialisation et conséquences sociales
En faisant de la compétitivité de l’économie l’alpha et l'oméga du bien-être du pays, l’État capitaliste et ses « élites » dirigeantes se sont condamnés à puiser dans les ressources du domaine social pour alimenter les profits d’un capital « sans foi ni loi ». C’est sous le prétexte d’une optimisation de l’allocation des ressources que les dirigeants organisent la délocalisation des moyens de production vers les zones offrant un meilleur rendement au capital.
Par ailleurs, certaines grandes entreprises n'ont pas hésité à licencier massivement, tout en se versant de généreux dividendes. Grâce à la flat tax d’Emmanuel Macron, ces dividendes sont désormais moins taxés, illustrant ce basculement de l'État vers le soutien prioritaire au capital financier.