L'histoire des essais nucléaires français à Mururoa et Fangataufa
Moruroa (Mururoa), également connu historiquement sous le nom d'Aopuni, est un atoll qui fait partie de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française, dans le sud de l'océan Pacifique. La France a entrepris des essais d'armes nucléaires entre 1966 et 1996 à Moruroa et Fangataufa, provoquant des protestations internationales, notamment en 1974 et 1995. L'atoll a été officiellement établi comme site d'essais nucléaires par la France le 21 septembre 1962, lorsque la Direction des Centres d'Expérimentations Nucléaires (DIRCEN) a été créée.
Voici les données géographiques et techniques relatives à ces sites :
| Caractéristique |
Détails |
| Localisation |
Océan Pacifique (Archipel des Tuamotu) |
| Coordonnées |
21°50′S 138°50′W |
| Superficie |
148 km² (lagon) / 15 km² (terres émergées) |
| Période des essais |
1966 – 1996 |
| Nombre total d'essais |
192 bombes détonées |
Les essais atmosphériques et l'opération « Canopus »
Le premier essai nucléaire a été effectué le 2 juillet 1966, sous le nom de code Aldebaran, lorsqu'une bombe à fission au plutonium a explosé dans le lagon. Au cours des trois décennies suivantes, 192 bombes ont été déclenchées dans ces installations. La première série de bombes (1966–1974) a été explosée dans l'atmosphère, créant ainsi une grande quantité de retombées radioactives.
Le 24 août 1968, la France a mené l'essai nucléaire « Canopus », le premier essai thermonucléaire à étapes multiples du pays, sur l'atoll de Fangataufa. Avec une puissance de 2,6 mégatonnes, sa force explosive était 200 fois supérieure à celle de la bombe d'Hiroshima. Cet essai a contaminé de grandes parties de l'atoll de Fangataufa, le laissant inaccessible aux humains pendant six ans.
Transition vers les essais souterrains
En réponse à la pression mondiale, les essais ont été déplacés sous terre sur Fangataufa en 1975. La France a abandonné les essais atmosphériques en 1974 au milieu d'une pression mondiale intense, notamment de la part du gouvernement néo-zélandais qui a envoyé deux frégates en juillet 1973 pour protester. Des puits ont été forés profondément dans les roches volcaniques sous-jacentes aux atolls où les dispositifs nucléaires étaient déclenchés.
Bien que les tests aient été suspendus en 1992, ils ont repris en 1995 lorsque la France a fait exploser une bombe sous Mururoa. Cette reprise a été suivie d'émeutes à Tahiti et de pressions internationales accrues. Au milieu des années 1980, les partis politiques et les groupes de protection de l'environnement s'étaient déjà unis pour protester contre les essais nucléaires de la France.
Conséquences environnementales et structurelles
La pratique des tests souterrains a créé une controverse car des fissures dans les atolls ont été découvertes. Cela a engendré des craintes que les matières radioactives piégées sous les atolls ne finissent par s'échapper et contaminer l'océan environnant et les atolls voisins. Greenpeace affirme que certaines explosions ont aspiré toute l'eau du lagon, provoquant des pluies de poissons et de mollusques morts sur l'atoll, tout en propageant la contamination à travers le Pacifique.