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L'évolution de l'architecture publique à Pau au XIXe siècle: L'exemple des bâtiments judiciaires

Ancienne capitale de royaume devenue chef-lieu de département, Pau a connu un tournant de son histoire dans la seconde moitié du XIXe siècle, grâce à sa renommée nouvelle de station touristique et climatique. Son expansion géographique et démographique a été encadrée et accompagnée par les différentes autorités exercées sur son territoire.

Le département des Basses-Pyrénées s'est alors saisi des ressources à sa disposition pour programmer une vague de constructions d'édifices publics (nouveaux palais de justice, prisons et asile d'aliénés, trois édifices construits entre 1850 et 1868). La ville constituait à l'époque un foyer propice à la réflexion sur l'architecture de l'administration et les architectes départementaux ont joué un rôle non négligeable dans les transformations urbaines mises en œuvre.

Il est donc nécessaire de s'interroger sur la place de l'architecture judiciaire dans le réseau dense de bâtiments publics destinés à soutenir la croissance du territoire de Pau et des Basses-Pyrénées, qui semblerait encline à suivre les tendances nationales en s'adaptant à leurs modestes moyens.

Capitale de la vicomté souveraine de Béarn à partir de 1454, du royaume de Navarre de 1512 à 1620, la ville de Pau est dotée à cette date d'un parlement. En contrepartie de son entrée dans le royaume de France et du respect de ses principes de fonctionnement, la ville devient parlementaire ; le Béarn conserve néanmoins ses fors, héritage judiciaire de sa souveraineté passée.

La Révolution vient certes bousculer et repenser l'exercice de la justice pour affirmer l'indépendance de son pouvoir mais elle ne bouscule pas pour autant l'équilibre géographique de cet exercice en Béarn. L'ancien parlement devient palais de justice et Pau conserve sa prééminence dans le ressort de l'administration judiciaire nouvellement créée.

L'histoire architecturale du Palais de Justice de Pau

Pau, une destination touristique en plein essor

Capitale administrative ainsi confirmée, Pau connaît une nouvelle fortune dans les années 1830-1840 comme destination touristique prisée. Entre autres, le mythe de son beth ceu, son lien privilégié avec les stations thermales pyrénéennes, la publicité faite autour des vertus thérapeutiques de son climat par les militaires britanniques et en particulier le médecin Alexander Taylor ont pour conséquence une expansion géographique et démographique sans précédent.

Désormais terre d'accueil pour populations phtisiques de tous horizons ou hivernants en quête de plaisirs et de bonne société, la ville, le département et l'État accompagnent la croissance du territoire et encadrent strictement l'exercice de son administration. Cet élan passe par l'engagement d'une réflexion commune aux différentes administrations sur les infrastructures nécessaires au développement d'une telle ville, sur l'architecture publique et son intégration dans le tissu urbain.

C'est dans ce mouvement général de transformation du paysage palois, vers le milieu du XIXe siècle, que les autorités judiciaires et pénitentiaires s'attellent à la construction d'un nouveau palais de justice puis de nouvelles prisons départementales. L'implantation et l'architecture de ces établissements font l'objet d'une patiente élaboration, mise en œuvre par les deux architectes départementaux successifs de la période.

Entre recommandations nationales et courants de pensée architecturaux, ces deux lieux, qui ont conservé leur usage premier jusqu'à nos jours, expriment à leur manière une adaptation pragmatique aux ressources disponibles dans leur mise en œuvre comme les lointains débats dont ils se font l'écho.

« Que de choses à faire : Messieurs ! Faut-il se laisser décourager. Non, mille fois non, il faut au contraire retremper son courage à la nécessité de sauver la ville, en procédant toujours, mais sans folle précipitation à des améliorations utiles. » Voilà un résumé de l'état d'esprit dans lequel les édiles palois travaillent à la construction de la ville tout au long du XIXe siècle.

Durant sa première moitié, Pau voit naître de nouvelles administrations qui s'installent, faute de mieux, entre les murs des anciennes. Ces enceintes sont souvent vétustes et ne sont pas en mesure de répondre aux nombreux besoins. Lieux de justice, sièges des administrations locales, places et marchés, églises paroissiales, l'espace public et les monuments palois font l'objet de nombreuses discussions, parfois suivies de mise en œuvre.

Le palais de justice est établi assez naturellement dans l'ancien parlement, transformation éminemment honorable dans le sens, mais peu adaptée dans les capacités d'accueil et de travail. L'ancien hôtel du Premier président au parlement devient l'hôtel de préfecture. Comme partout, les biens nationaux sont massivement réinvestis pour accueillir de nouvelles fonctions.

Par exemple, l'ancien couvent des Cordeliers abrite pour un temps l'hôtel de ville, l'ancien couvent des Filles de la Foi devient temporairement une caserne, etc. L'entrée nord-ouest de la ville, par la place Gramont, voit enfin l'aboutissement de ses travaux, entamés dans les années 1780, avec l'achèvement des talus de la place, en 1840-1841.

La caserne Bernadotte sort de terre et peut recevoir ses premiers soldats dès 1831 mais ses travaux sont loin d'être terminés. Nouveau centre, au sein d'un îlot auparavant composé de l'agglomération de différents couvents, une nouvelle halle abritant étaliers et services municipaux est envisagée dès 1820 puis construite et ouverte en 1852.

Le projet d'achèvement des travaux de Saint-Louis, église bordant la place Royale commencée à la fin du XVIIe siècle, est à nouveau évoqué sans que ne pointe l'ombre d'une réelle reprise de chantier. Les deux églises paroissiales, Saint-Jacques (ancienne chapelle des Cordeliers) et Saint-Martin (première église paroissiale), accusent le poids des ans.

Les biens nationaux ont offert des opportunités architecturales rapidement disponibles mais souvent inadaptées aux nouveaux usages. Ils fournissent surtout des emprises parcellaires qui favorisent la naissance d'une réflexion sur les transformations nécessaires et possibles pour accompagner la croissance du tissu urbain.

Les projets témoignent d'un air du temps où architecture et aménagement urbain sont désormais examinés de pair, au niveau local comme national par le biais du Conseil des bâtiments civils. La démolition du séminaire favorise la création, au tournant du siècle, de la rue Serviez, dégagement du centre-ville vers le nord devenu indispensable.

L'état des lieux établi lors de la venue de Napoléon en 1808, qui tente de relancer quelques projets urbains locaux en suspens, rend compte des débats en cours : nécessité d'un hôtel de ville, extension de la place Royale et ouverture vers le paysage...

Délibérations, articles de presse ou décrets rendent compte des discussions qui ont pour objet ce qu'ils nomment « l'embellissement urbain », au travers des projets de construction publique. Chaque construction nouvelle doit en porter une part, et l'architecture publique plus encore.

Au départ d'un projet architectural, la réflexion sur ses formes entraîne une réflexion sur son insertion dans le paysage, sur ses rapports au centre, mouvant à Pau, sur les liens qu'il entretient avec ses semblables, l'important restant de compter de beaux monuments et les plus nombreux possible.

À propos du palais de justice, il est dit par exemple que « ce sera une construction vraiment monumentale, qui contribuera puissamment à l'embellissement de la ville de Pau », ce qui témoigne du double enjeu architectural et urbain. Est également interrogée la notion même de centre-ville. Où se situe-t-il vraiment ? Autour du château ? De la place Royale ? Les concepteurs de la place Gramont ont voulu en faire un nouveau pôle de la cité, ambition qui ne s'est pas concrétisée. La nouvelle halle pourrait aussi en devenir un.

Le nouveau Palais de Justice de Pau

Le conseil municipal palois écarte vite la possibilité de subvenir financièrement à la demande en achetant un terrain, un hôtel parlementaire étant proposé à la vente. Il préfère examiner les possibilités foncières offertes par les propriétés publiques, l'ancien couvent des Cordeliers servant d'hôtel de ville ou l'îlot des Ursulines et Orphelines.

La superficie généreuse de l'ancien couvent, 10 000 m2, est un argument de poids. Le projet initial de la commission chargée d'examiner les possibilités d'édification du nouveau bâtiment évolue vers une prise en considération d'un nécessaire aménagement urbain.

Ainsi, le don d'un terrain conséquent au maître d'ouvrage est assorti de l'obligation de créer de nouvelles voies favorisant des dégagements futurs. La rue d'Orléans est percée en 1845, alors que le projet de palais de justice est en gestation, afin de permettre un contournement du centre-ville desservant les routes de Tarbes, de Bordeaux et de Bayonne.

L'aménagement des abords du palais est approuvé en Conseil des bâtiments civils en 1848, car il respecte les « convenances d'isolement et de circulation ». Par ailleurs, le sacrifice de l'emprise des Cordeliers est accompagné dans un deuxième temps par l'achat de maisons ou terrains de particuliers, ce qui n'avait pas été initialement prévu.

Des places ont été envisagées dès le départ, au nord comme au sud de l'édifice, écrins que le conseil municipal tend à présenter comme indispensables au monument. La place nord et la rue qui la prolonge dans ce sens nécessitent plus d'acquisitions pour leur établissement que prévu.

La commission municipale souligne à raison qu'elle n'a pas d'avis à donner concernant la forme du palais de justice à construire, effectivement sous la responsabilité du département et le contrôle du Conseil des bâtiments civils. C'est ainsi que Vincent Latapie(1797-1860), architecte du département, s'empare du projet et en dessine les contours.

Un premier envoi de plans au Conseil est daté de mars 1846. Les principaux éléments du projet sont dressés dès cette époque : plan allongé avec distribution en peigne des salles d'audience, rez-de-chaussée « technique », entrée au niveau supérieur par un péristyle à quatre colonnes, vestibule puis salle des pas perdus voûtée en berceau dans l'axe de l'entrée pour l'accès aux salles d'audience, deuxième étage consacré principalement aux bureaux.

En avril 1847, un second envoi apporte quelques ajustements, notamment en rez-de-chaussée, avec la réduction du nombre de cellules et la modification du système de fondations, puis du voûtement de la salle des pas perdus et de la cour d'assises. L'évidement des coins du rectangle d'ensemble mis en œuvre n'apparaît pas encore dans ces dessins, preuve qu'il y eut d'autres révisions apportées par la suite.

La pose de la première pierre a lieu le 8 novembre 1847, le palais de justice étant inauguré le 3 janvier 1856. L'ajout d'un vitrail et la modification d'une des grandes salles datent des années 1860. Deux statues, consacrées à des figures tutélaires de la justice béarnaise, Pierre de Marca (1594-1662) et Jean-François Régis Mourot (1740-1813), auraient pu venir compléter et encadrer l'entrée monumentale.

Les architectes reprennent les principaux éléments du type de palais de justice tel que conçu et identifiable en France depuis la fin du XVIIIe siècle. L'architecture du palais de justice de Pau respecte de grands principes généraux que le Conseil des bâtiments civils préconise, diffuse et encadre pour toute architecture publique : emploi des ordres à des parties bien déterminées de l'édifice, hiérarchisation du décor en fonction de l'importance de l'édifice, adaptation aux réalités du programme et à l'usage.

Le palais palois respecte la totalité de ces orientations.

« L'accessoire nécessaire d'un palais de justice, ce sont des prisons. » Lors de la construction du palais de justice, les prisons départementales sont hébergées depuis la fin du Premier Empire dans un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle réaménagé pour l'occasion, dans le centre ancien de la ville.

Tous les inspecteurs sont unanimes dans leurs plaintes. Les prisons ont plusieurs étages, disposition contraire aux premières règles de la salubrité : elles sont insuffisantes pour recevoir les condamnés des autres arrondissements, qui devraient d'après la loi, être réunis au chef-lieu. Les prisonniers n'ont pas de préaux ; car on ne saurait donner ce nom à d'étroits corridors, aussi malsains que l'intérieur même de l'édifice.

Quant à la séparation des prisonniers, telle qu'elle devrait exister, malgré tous les efforts de l'administration, elle est loin d'être complète. Or tout l'espace disponible est employé.

Les édiles profitent de la discussion engagée avec le département pour faire passer d'autres messages : celui du déménagement des prisons leur importe en priorité et leur avis semble éclairé par ces rapports réguliers et une certaine connaissance des débats contemporains sur la séparation des détenus et l'architecture carcérale, qui tend dans cette période à ériger l'emprisonnement cellulaire comme norme.

Au départ, ils pensent même pouvoir réserver un espace pour les prisons et une caserne de gendarmerie dans le terrain finalement octroyé au seul palais de justice : le lien fonctionnel existant entre eux est bien réel et l'association des deux largement mise en œuvre sur le territoire national. Ils « offrent » donc d'autant plus facilement le terrain des Cordeliers au départ du projet.

En 1856, et alors que la construction du palais de justice s'achève, le conseil municipal décide d'interpeller plus fermement le préfet et le conseil général sur le sujet, « pour le vote de la construction immédiate des prisons ». Leurs motivations sont autant humanistes - améliorer le sort de...

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