Recrutement
Le Don d'Organes en Islam : Avis Religieux et Principes Éthiques
Le don d’organes est un geste altruiste qui sauve des vies. Mais chacun peut se poser la question : ma religion l’autorise-t-elle ? Voici ce que disent les grandes religions sur le sujet, de façon claire et directe.

L'Islam et le Don d'Organes : Un Aperçu Général
L’islam, dans de nombreux pays et courants, autorise le don d’organes, mais toujours avec certaines conditions. Le geste est vu comme licite, voire recommandé, s’il permet de sauver une vie.
Principes Fondamentaux
- La vie de l’être humain est sacrée.
- Le corps de l’être humain est inviolable.
- Le corps de l’être humain n’est pas une marchandise.
- La mort de l’être humain correspond à la séparation de l’âme et du corps. Elle est déclarée lorsque le cerveau s’arrête de fonctionner (mort encéphalique).
En cette journée mondiale du don d’organes, je tiens à rappeler que l’islam fait la promotion d’une véritable culture de la vie : “Quiconque sauve une vie a sauvé toute l’humanité”(Coran 5/32).
Par ailleurs, la préservation de la vie fait partie des cinq objectifs supérieurs (la foi, la vie, la filiation, la raison et les biens) établis par les savants musulmans.
Selon un principe général de la jurisprudence musulmane, la préservation de la vie humaine est l’objectif suprême de la religion.
En Islam l’homme est seul responsable de ses actes devant Dieu. Nul ne peut dicter la conduite à un autre au nom de cette religion. Les références éthiques sont claires et la préservation de la vie prime sur tous les interdits. La règle de nécessité abroge les interdits à partir du moment où l’intérêt commun ou individuel le dicte.
À partir de cette lecture des textes le don d’organes et leur greffe deviennent non seulement licites mais vivement recommandés au nom de la religion. C’est d’ailleurs l’avis exprimé clairement par l’ensemble des instances religieuses depuis plus de trois décennies.
Les musulmans qui refusent le don d’organes et qui le font au nom de la religion sont seuls responsables de leur choix. Plusieurs raisons laissent penser que ce refus se justifie par d’autres raisons non exprimées.
Conditions et Recommandations
Il faut toutefois :
- que la mort du donneur soit certaine,
- que le don ne porte pas atteinte à la dignité humaine,
- et que l’acte soit libre, non rémunéré.
Des fatwas émises par des autorités religieuses autorisent le don, notamment dans un cadre thérapeutique.
Imam Azzedine GACI (Recteur de la mosquée de Villeurbanne) : Alors bien sûr, le don d'organe et de tissus est autorisé en Islam, que le donneur soit vivant ou décédé. Les grands savants musulmans l'autorisent, car ils considèrent que le don d'organe est une œuvre de charité, un acte de bienfaisance, une générosité ou une solidarité humaine.
Alors, ils l'autorisent avec un certain nombre de conditions : le don d'organe ne doit pas remettre en cause la vie de l'être humain. Il doit être fait dans le respect de la dignité humaine. Il n'y a aucune restriction en Islam sur les rites funéraires. Tout est autorisé du moment que l'on sauve une vie. On est enterré comme tous les autres.
Avis des Savants Musulmans
La quasi-totalité des savants musulmans se sont prononcés en faveur du don d’organes lors du 4e Congrès des jurisconsultes musulmans tenu à Djeddah en Arabie Saoudite en février 1988, sous l'égide de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI).
À partir de tous ces principes, les savants musulmans se sont prononcés à la majorité en faveur du don d’organes. Il s’agit notamment :
- du Conseil européen de la fatwa et de la recherche (CEFR), basé en Irlande ;
- de l’Académie du droit musulman (al-Majma’al-fiqhî al-islâmî), basée à La Mecque et affiliée à la Ligue islamique mondiale (Râbita al-’âlam al-islâmî) ;
- du Conseil international de jurisprudence, basé à Jeddah, en Arabie Saoudite, affilié à l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), qui regroupe les 53 pays musulmans.
Résumé des Décisions et Fatwas
Voici un résumé des décisions et fatwas émises par les savants musulmans sur le don d’organes :
Si la personne est encore vivante :
- 1er point: Il est permis de prélever un organe d’un corps humain d’une personne vivante et de le greffer dans une autre région du même corps (peau, os...), à condition d’avoir la certitude qu’une telle opération comporte plus d’avantages que d’inconvénients.
- 2e point: Il est permis de prélever un organe du corps d’une personne vivante et de le greffer dans le corps d’une autre personne, si la partie prélevée se renouvelle (régénère naturellement) comme la moelle osseuse ou la peau.
- 3e point: Il est permis d’utiliser une partie d’un organe amputé du corps d’un patient vivant pour cause médicale pour un autre patient comme la greffe de la cornée.
- 4e point: Il est interdit de transférer un organe vital comme le cœur d’une personne vivante au profit d’une autre personne.
- 5e point: Il est interdit de prélever un organe d’une personne vivante, si ce prélèvement peut perturber une fonction essentielle pour sa survie, même si celle-ci n’en dépend pas.
Si la personne vient de mourir :
- 6e point: Il est permis de prélever un organe d’un mort pour le greffer dans le corps d’une personne vivante si sa survie dépend de cette opération ; ou quand celle-ci est nécessaire pour assurer une fonction essentielle de son organisme. Pour ce prélèvement, il faut avoir le consentement du défunt ou de ses héritiers légitimes après sa mort. Il est fait exception des organes et tissus associés au lavage mortuaire (comme la peau par exemple) : leur prélèvement n’est pas permis.
- 7e point: Les permissions données aux prélèvements et à la greffe d’organes - dans les cas susmentionnés - sont valables dans le seul cas où elles sont pratiquées dans un but non lucratif. Les organes doivent être mis gratuitement à la disposition des établissements médicaux car il est strictement interdit de faire le commerce d’organes d’origine humaine.
Concernant la greffe des glandes génitales: Les glandes génitales renferment des cellules germinales souches qui donnent naissance aux ovules et aux spermatozoïdes et sont, de ce fait, porteuses de caractères héréditaires qui se transmettent de pères en fils. Aussi leur transplantation entraîne-t-elle inéluctablement le mélange de filiations. Ce type de greffe n’est pas autorisé en islam.
Testament: Si, de son vivant, une personne a exprimé par écrit (testament) sa volonté de faire don d’un de ses organes après sa mort, ce testament est souverain et doit être exécuté, à condition que ce don soit effectué selon les règles susmentionnées. Les héritiers du défunt n’ont pas le droit d’apporter des modifications à ce testament car la volonté de la personne décédée prime sur celle des proches, sauf si la demande du défunt est en contradiction avec les préceptes de la religion musulmane.
Loi du pays: Si la loi du pays où réside le musulman stipule que l’absence d’inscription constitue une présomption d’accord à un prélèvement d’organes, alors, de son vivant, le musulman peut le cas échéant faire inscrire, dans un registre, son opposition à un prélèvement d’organes sur son corps après décès, sinon il donne son accord implicite.
Le Don de Sang
Le don du sang est permis et même encouragé, au nom de la solidarité humaine et dans un but de prévoyance pour une éventuelle nécessité future.
Conclusion
En définitive, les dons d’organes et de sang sont des actes de compassion et d’humanité qui transcende la divergence de croyances et de convictions. Ces actes sauvent des vies chaque jour.
Le don d’organes ou de tissu, dans le respect des règles de la jurisprudence musulmane, reste un acte volontaire pour lequel le musulman est récompensé.
« Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’Humanité tout entière.